Ma rétro 2015 avec des vrais morceaux de photo dedans, Part 2.

Quand arrive le temps de cathédrales la fin de l’année, la grande bouffe et les petits cadeaux, débarque concomitamment, et ça semble contradictoire le temps des vaches maigres. Car si les confiseurs entament une trêve dont les historiens situent la genèse vers 1875 (cf Wikipedia), il semblerait que l’actualité en profite pour mettre également la pédale douce. En PQR (presse quotidienne régionale pour les mal-comprenants) c’est le moment ou l’angoisse de la page blanche se fait le plus ressentir. C’est alors que la place du photographe prend une dimension peu commune au sein de la rédaction :

« Eric, tu crois que tu pourrais nous monter une belle page photos rétro pour dimanche ? C’est vrai qu’on est un peu creux cette semaine et je suis sûr que tu as des trésors oubliés, cachés au fond de ton disque dur… »

Et bien cette année, ce sont deux pages totalement subjectives que vous allez vous coltiner.

Voici la seconde partie, correspondant complètement par hasard au deuxième semestre 2015.

25 octobre. Au Havre, François Gabart et Pascal Bidégorry prennent le départ de la transat Jacques Vabre avec l’intention de tester le nouveau trimaran Macif. Douze jours plus tard le duo coupe la ligne d’arrivée en vainqueur après une course menée de main de maître. @ Eric Pollet
25 octobre. Au Havre, François Gabart et Pascal Bidégorry prennent le départ de la transat Jacques Vabre avec l’intention de tester le nouveau trimaran Macif. Douze jours plus tard le duo coupe la ligne d’arrivée en vainqueur après une course menée de main de maître. @ Eric Pollet
31 octobre. À sa seconde tentative, le boxeur niortais Davy Armand remporte le titre si convoité des poids moyens. Un rêve de gosse s’est enfin réalisé.
31 octobre. À sa seconde tentative, le boxeur niortais Davy Armand remporte le titre si convoité des poids moyens. Un rêve de gosse s’est enfin réalisé. @ Eric pollet
12 septembre. Malak et Rahaf, deux sœurs syriennes racontent aux lecteurs de la NR leur incroyable périple entre réfugiés déracinés et passeurs sans scrupule. @ Eric Pollet
12 septembre. Malak et Rahaf, deux sœurs syriennes racontent aux lecteurs de la NR leur incroyable périple entre réfugiés déracinés et passeurs sans scrupule. @ Eric Pollet
24 juillet. Le rêve de l’aborigène, ce festival si différent d’Airvault a été victime de son succès. Plus de 6.000 personnes ont dansé et communié au son du didgeridoo, guimbarde et autres harmonium alors que quelques dizaines de déçus se morfodaient à l’extérieur du site. @ Eric Pollet
24 juillet. Le rêve de l’aborigène, ce festival si différent d’Airvault a été victime de son succès. Plus de 6.000 personnes ont dansé et communié au son du didgeridoo, guimbarde et autres harmonium alors que quelques dizaines de déçus se morfodaient à l’extérieur du site. @ Eric Pollet
15 juillet. Au Vanneau, Marinette accueille tous les consommateurs, habitués ou de passage avec un large sourire. À 80 ans, elle y sert toujours avec autant de joie et de régularité cette étonnante Sève feu de joie, une liqueur oubliée à base de cognac et d’amande. @ Eric Pollet
15 juillet. Au Vanneau, Marinette accueille tous les consommateurs, habitués ou de passage avec un large sourire. À 80 ans, elle y sert toujours avec autant de joie et de régularité cette étonnante Sève feu de joie, une liqueur oubliée à base de cognac et d’amande.
@ Eric Pollet
4 octobre. Le temps d’un week-end, le temps d’un « Panique au dancing », Niort a vécu au rythme de la danse, sous toutes ses formes, de la plus classique à la plus burlesque. Une réussite ! @ Eric Pollet
4 octobre. Le temps d’un week-end, le temps d’un « Panique au dancing », Niort a vécu au rythme de la danse, sous toutes ses formes, de la plus classique à la plus burlesque. Une réussite ! @ Eric Pollet

Ma rétro 2015 avec des vrais morceaux de photo dedans, Part 1.

Quand arrive le temps des cathédrales la fin de l’année, la grande bouffe et les petits cadeaux, débarque concomitamment, et ça semble contradictoire le temps des vaches maigres. Car si les confiseurs entament une trêve dont les historiens situent la genèse vers 1875 (cf Wikipedia), il semblerait que l’actualité en profite pour mettre également la pédale douce. En PQR (presse quotidienne régionale pour les mal-comprenants) c’est le moment ou l’angoisse de la page blanche se fait le plus ressentir. C’est alors que la place du photographe prend une dimension peu commune au sein de la rédaction :

« Eric, tu crois que tu pourrais nous monter une belle page photos rétro pour dimanche ? C’est vrai qu’on est un peu creux cette semaine et je suis sûr que tu as des trésors oubliés, cachés au fond de ton disque dur… »

Et bien cette année, ce sont deux pages totalement subjectives que vous allez vous coltiner.

Voici la première partie, correspondant complètement par hasard au premier semestre 2015.

7 janvier - 13 novembre. 2.015 aura été définitivement marqué par les attentats de Charlie et du Bataclan dont les commémorations ont rapproché les Français dans la douleur et la colère. À Niort comme dans le monde entier, les hommages aux victimes ont connu une résonance incomparable. @ Eric Pollet
7 janvier – 13 novembre. 2015 aura été définitivement marqué par les attentats de Charlie et du Bataclan dont les commémorations ont rapproché les Français dans la douleur et la colère. À Niort comme dans le monde entier, les hommages aux victimes ont connu une résonance incomparable. @ Eric Pollet
9 juin. Aux portes du Bocage bressuirais, le Hellfest ouvre en grand les portes de l’enfer. Des dizaines de milliers de métalleux envahissent Clisson et se déchaînent à l’arrivée d’Alice Cooper, première tête d’affiche de l’édition 2015.
9 juin. Aux portes du Bocage bressuirais, le Hellfest ouvre en grand les portes de l’enfer. Des dizaines de milliers de métalleux envahissent Clisson et se déchaînent à l’arrivée d’Alice Cooper, première tête d’affiche de l’édition 2015. @ Eric Pollet
20 avril. Après des mois de travaux, des archéologues dévoilent 300 tombes médiévales découvertes sous les fondations d’une maison près de l’église Saint-Florent à Niort.
20 avril. Après des mois de travaux, des archéologues dévoilent 300 tombes médiévales découvertes sous les fondations d’une maison près de l’église Saint-Florent à Niort. @ Eric Pollet
16 février. À la demande du CNRS, à Chizé, les grands mammifères sont capturés par une armée de chasseurs. Auscultés puis remis en liberté, ce jeune chevreuil en sera quitte pour une belle frayeur.
16 février. À la demande du CNRS, à Chizé, les grands mammifères sont capturés par une armée de chasseurs. Auscultés puis remis en liberté, ce jeune chevreuil en sera quitte pour une belle frayeur. @ Eric Pollet
6 février. Découvertes quelques mois plus tôt, les automobiles de la désormais célèbre collection Baillon sont mises en vente aux enchères pendant le salon Rétromobile. La Ferrari 250 GT qui aurait appartenu à Alain Delon battra même un record du monde à 14.2 millions d’euros.
6 février. Découvertes quelques mois plus tôt, les automobiles de la désormais célèbre collection Baillon sont mises en vente aux enchères pendant le salon Rétromobile. La Ferrari 250 GT qui aurait appartenu à Alain Delon battra même un record du monde à 14.2 millions d’euros. @ Eric Pollet

Marinette, debout sur le zinc à 80 ans.

Au Vanneau-Irleau, toujours derrière le zinc à 80 ans

Ouvert à la fin des années 1950, le bar de la Gaieté est un véritable bistrot de campagne qui fait aussi débit de tabac. A sa tête, Marinette Rondonnet.

En pénétrant dans le discret bar de la Gaieté, caché au n°16 de la rue du Port au Vanneau-Irleau, impossible de le manquer !: pile au milieu de la pièce de quelque 50m2, un poêle à bois de marque Godin sorti d’un autre temps, mais en très bon état. «J’y mets des bûches de 50cm», sourit Marie-Henriette Rondonnet, devenue Marinette dès son plus jeune âge. (
Le poêle à bois, acheté 3.000 francs de l’époque avec le couvercle et un pied abîmés, est au moins aussi vieux que l’établissement ! : le bistrot, qui fait partie de la grande bâtisse de la patronne, a ouvert à la fin des années 1950.

« Je suis la seule dans le coin à avoir un café aussi démodé ! ”

Ses murs sont recouverts d’une tapisserie représentant de vieilles réclames avec, ici ou là, des photos noir et blanc du Marais poitevin. Le sol est en ciment. Derrière le zinc, un poster officiel des Chamois Niortais, version 1986-1987. L’affiche, « c’est incroyable comme elle est regardée par les clients. Il y en a même qui retrouvent des copains dessus. Et c’est la bonne équipe, là ! »
«J’avais 22 ans quand je suis arrivée là, enchaîne Marinette Rondonnet, 80 ans depuis le dernier mois d’octobre. La grand-mère de mon mari, veuve de guerre, a eu droit à son débit de tabac. Et j’ai pris la suite de mes beaux-parents. Au début, ce n’était pas évident. Entre les jeunes et les anciens, ça rouspétait, ils n’avaient pas les mêmes jeux.»

Un cheval dans le bar…

Un établissement rempli d’histoires et d’anecdotes, sur lesquelles la native de Niort ne se montre guère prolixe : « Un jour, il y a un cheval qui est rentré. Une moto aussi, on donnait un franc pour la faire tourner !: c’était plein de fumée ! ». L’octogénaire commence ses journées vers 8h pour fermer généralement autour de 20h, sauf quand elle accueille une réunion de cultivateurs par exemple. « Je suis même ouverte le dimanche. » Le tout sans journée de repos.
Autre particularité, la patronne fait crédit : elle sort alors son petit cahier et griffonne dessus. Mais seuls les habitués y ont droit, confiance oblige.

1 euro le café fait maison.

De toute manière, ici, l’argent ne coule pas à flots : «Je n’ai pas besoin de gagner des mille et des cents.» Dans le bistrot de la Gaieté, le petit noir est fait maison : il sort tout droit de la cafetière de Marinette Rondonnet. Chaque année, l’octogénaire se dit qu’elle va mettre la clé sous la porte. Chaque année, ses clients la retrouvent, sortant de sa cuisine d’où on peut entendre le son du téléviseur pour venir les servir !: «Ils me disent : “ Vous êtes toujours là ! ».
Sauf quand elle a décidé d’aller se promener, sans prévenir : jusqu’à deux heures quand le soleil ne cogne pas trop fort. Pour qu’elle s’arrête, « il faudra qu’il m’arrive quelque chose, que je sois malade. Mais c’est sûr, je suis la seule dans le coin à avoir un café aussi démodé».

Article d’Aurélien Douillard paru dans la Nouvelle République du 15 juillet 2015.

>> Les photos en haute définition sur Flickr

ERIC POLLET BISTROT MARINETTEMarinette Rondonnet © Eric Pollet

ERIC POLLET BISTROT MARINETTEMarinette Rondonnet © Eric Pollet

ERIC POLLET BISTROT MARINETTEMarinette Rondonnet © Eric Pollet

ERIC POLLET BISTROT MARINETTEMarinette Rondonnet © Eric Pollet

ERIC POLLET BISTROT MARINETTEMarinette Rondonnet © Eric Pollet

ERIC POLLET BISTROT MARINETTEMarinette Rondonnet © Eric Pollet

ERIC POLLET BISTROT MARINETTEMarinette Rondonnet © Eric Pollet

ERIC POLLET BISTROT MARINETTE

Marinette Rondonnet © Eric Pollet